TROUBLE DISSOCIATIF DE L'IDENTITÉ : UN TROUBLE MENTAL PEU CONNU
Dernière mise à jour : 29 août
Qu'est-ce que le trouble dissociatif de l'identité (TDI) ?
Le TDI, antérieurement appelé trouble de la personnalité multiple, consiste en une division de la personnalité.
La présence de plusieurs identités prennent successivement le contrôle d'une même personne.
Des parties différentes de l'identité vivent les unes à côté des autres, sans fonctionner entre elles de façon fluide.
Le sujet est alors en proie à différentes parties dissociatives de sa personnalité, chacune autonome l'une de l'autre.
Beaucoup de personnes souffrant de ce fonctionnement n'ont aucune reconnaissance de leur trouble, ni de prise en charge. Bien souvent, elles consultent pour dépression, anxiété, usage ou dépendance de substances toxiques, difficultés relationnelles. Encore à ce jour, il s'agit d'un trouble mal diagnostiqué, qui prend généralement beaucoup de temps avant d'être identifié comme tel.
Le TDI est un concept qui émerge au 19ème siècle. Pierre Janet (1889), psychiatre, sera le premier à démontrer que la dissociation constitue un mécanisme de défense contre le débordement psychique provoqué par un évènement traumatique. Dans ses études sur l'hystérie, il initie alors le concept par l'évocation d'une personnalité divisée.
A ce jour, 1 à 3 % de la population souffre de TDI.
Comment identifier un TDI ?
Les symptômes varient généralement de légers à sévères et invalident la vie quotidienne.
Les symptômes les plus courants sont :
une labilité de l'humeur pouvant aller jusqu'à un trouble de l'humeur (bipolarité)
une difficulté à gérer ses émotions : le sujet ressent trop ou trop peu
des douleurs inexplicables sans causes organiques
une amnésie dissociative : cette perte de mémoire concerne souvent le passé comme le présent. Les personnes découvrent par exemple qu'elles seront incapables de dire comment elles se sont retrouvées à tel endroit, ou remarquent le résultat d'une action sans pouvoir se souvenir de l'action elle-même. Les expériences de la petite enfance sont difficilement remémorées
une distorsion du temps : une heure peut sembler une journée, une semaine peut être ressentie comme deux jours
la présence de voix internes qui critiquent, se disputent, pleurent
la dépersonnalisation : sentiment d'être bizarre, étranger à soi-même et son corps
la déréalisation : le monde semble lointain, irréel et étrange
des relations aux autres perturbées
une grande difficulté à accorder sa confiance
une insécurité interne marquée
Les causes de ce trouble ?
Le TDI survient généralement chez des personnes ayant subi des traumatismes intenses, extrêmes durant l'enfance (violences, négligences, sévices, abus sexuels) de façon prolongée et répétée. Cette importante maltraitance se retrouve de façon systématique avant l'âge de 9 ans, associée à un trauma relationnel précoce dans la relation aux figures d'attachement.
Les mêmes phénomènes psychiques dissociatifs ont été relevés chez les soldats ayant combattu dans des circonstances extrêmes et ayant vécu des scènes d'horreur.
Durant l'exposition au trauma, le sujet se met en état de dissociation, dans "un état second", pour se protéger et survivre. L'évènement traumatique sera alors mémorisé de façon dysfonctionnelle (on parle de mémoire traumatique), et le souvenir sera souvent difficilement accessible.
Plus les violences interviennent jeune plus la personnalité risque de se construire sur le mode d'un TDI. Le mécanisme de dissociation comme moyen de survie devient alors structurel de la personnalité.
La prise en charge
Certaines approches psychothérapiques permettent de diminuer considérablement les symptômes. Ces patients ont avant tout besoin d'une grande stabilisation émotionnelle et d'apprendre à intégrer, développer une sécurité interne. Un des objectifs thérapeutiques sera la gestion émotionnelle, l'ancrage corporelle par des techniques permettant de rester dans la réalité du présent afin de travailler la dissociation.
Les thérapies comme l'EMDR (retraitement de l'information traumatique), la thérapie des états du Moi (travaillant autour des différentes parties de la personnalité) seront particulièrement indiquées.
La pharmacothérapie occupera une place mineure pour traiter ce trouble.



Hyper interessant, je ne connaissais pas